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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Après des papes amis des lettres et des lumières, tels que Nicolas V et Pie II, on avait vu le farouche Paul II négliger les savants, les persécuter, les proscrire, prendre pour des conspirations les réunions les plus innocentes, incarcérer et torturer une académie entière. Sixte IV, qui présida du haut du Vatican à l'assassinat des Médicis, occupé d'établir splendidement ses fils qu'il appelait ses neveux, et d'agiter l'Italie par ses intrigues, se montra généreux envers le savant Filelfo, fit bâtir de pompeux édifices, accrut et rendit publique la bibliothèque du Vatican; on l'accuse cependant d'une avarice sordide, qui ne s'accorde pas mieux que ses autres vices avec l'amour des lettres. Il la porta au point de refuser aux professeurs de l'Université de Rome le modique salaire qu'il leur avait promis. Le réformateur ou directeur de ce collège lui ayant fait de vives instances pour qu'il payât ses professeurs: Ne sais-tu pas, lui répondit le pape, que je leur ai promis cet argent avec l'intention de ne le leur pas payer? L'autre protesta qu'il n'en savait rien. Si ce n'est pas à toi, reprit naïvement le Saint-Père, c'est donc à Sébastien Ricci que je l'ai dit 520. Le faible Innocent VIII ne fit à peu près rien ni pour ni contre les lettres; Alexandre VI lui succéda; son nom rappelle tout ce qu'il y a de plus affreux sur la terre. La justice s'est en quelque sorte épuisée à flétrir sa mémoire; et si l'on ne veut pas se condamner à des répétitions éternelles, on ne doit plus parler de lui que lorsqu'on aura trouvé quelque bien à en dire.

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