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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Gabriel Zerbi, de Vérone, eut une mort encore plus funeste. Après avoir professé la médecine à Rome et à Padoue, il la professait à Venise lorsqu'un grand personnage parmi les Turcs, attaqué d'une maladie grave, y envoya demander un habile médecin. Gabriel, choisi par le doge, partit, guérit le Turc, reçut de riches présents et revenait très-content avec un fils tout jeune, qu'il avait emmené dans ce voyage. À peine était-il en chemin, que le Turc, s'étant livré à quelques excès, retomba malade et mourut. Ses enfants soupçonnèrent le médecin italien de l'avoir empoisonné; on le poursuivit, on l'atteignit, et après lui avoir donné l'horrible spectacle de voir scier en deux son enfant, on le fit périr du même supplice 815. Ce malheureux Zerbi a laissé un livre de métaphysique, et un autre d'anatomie 816, dont M. Portal donne un extrait dans l'histoire de cette science 817. Jean Marliani, de Milan, fut à la fois mathématicien, philosophe et médecin célèbre. Il donnait des leçons de toutes ces sciences, et l'on venait pour les suivre, même des pays étrangers. On le nommait en philosophie un Aristote, un Hippocrate en médecine, en astronomie un Ptolémée; cela ne nous est pas nouveau, mais ce qui l'est, c'est que ces titres magnifiques lui furent donnés dans un édit du duc de Milan 818. Marliani écrivit, dans ces trois différents genres, beaucoup d'ouvrages que l'on cite, mais sans dire s'ils justifient cette grande réputation de l'auteur 819. Alexandre Achillini, Bolonais, frère du poëte Jean Philotée, dont nous avons parlé, fut plus célèbre philosophe que médecin 820, et ce nom d'Achillini, porté, dans le siècle suivant, par un second poëte petit-fils du premier, fut encore plus illustré en poésie qu'en philosophie et en médecine.

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