Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
On ne peut enfin ne pas admirer de combien de manières Laurent de Médicis pouvait être grand sans avoir besoin d'être, comme il le fut, un grand homme d'état. Cependant sa santé dépérissait, son goût pour le repos augmentait en proportion de ses infirmités. Il était obligé de s'absenter souvent de Florence, d'aller aux bains chauds de Sienne et de Porretane, de passer plusieurs mois à la campagne, loin de toute occupation. Alors il forma des projets de retraite, que la mort ne lui permit pas de réaliser. Une attaque de ses incommodités habituelles, auxquelles se joignit une fièvre lente, le conduisit en peu de temps au tombeau. Il se fit transporter à Careggi, où le fidèle Politien le suivit. Il regretta de n'y pas voir son autre ami Pic de la Mirandole. Politien le fit appeler, il vint, et les derniers moments de Laurent furent adoucis par leurs entretiens. Il mourut pour ainsi dire entre leurs bras 519, à l'âge de quarante-quatre ans, en remplissant tous les devoirs d'un homme religieux, et avec la résignation et la tranquillité d'un sage.