Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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L'Université de Padoue avait souffert, et du désastre des temps, et de l'érection de quelques écoles dans des villes voisines; quand la république de Venise se fut emparée de cette ville, le sénat lui accorda un privilége exclusif, qui ôtait à toutes les autres écoles de l'état vénitien, le droit d'enseigner les sciences, à l'exception de la grammaire. Venise ne s'excepta pas elle-même de cette loi; lorsque Paul II, né Vénitien, pour se faire un mérite auprès de sa patrie, lui accorda le bienfait d'une université, le sénat décréta que dans ce nouveau gymnase on pourrait bien recevoir ses degrés en philosophie et en médecine, mais qu'en jurisprudence et en théologie, on ne pourrait être reçu qu'à Padoue. Florence au contraire, devenue maîtresse de Pise, laissa d'abord languir l'Université qui y était née dans le dernier siècle. Les Florentins voulurent donner à celle qu'ils possédaient eux-mêmes toutes les préférences et toute la faveur. Ils s'aperçurent bientôt qu'ils avaient fait un faux calcul; ils députèrent quatre de leurs plus illustres citoyens, au nombre desquels était Laurent de Médicis, pour rouvrir l'école de Pise, qu'ils dotèrent convenablement 779. Le pape Sixte IV lui accorda de plus une taxe sur les biens de l'église. Sa prospérité renaissante fut troublée deux fois par la peste 780, qui en écarta les professeurs et les disciples; mais elle le fut bien davantage par l'arrivée de Charles VIII, et par les troubles et les expéditions militaires qui bouleversèrent la Toscane, pendant le reste du siècle. Ce ne fut qu'au retour de la paix qu'elle put respirer et qu'elle reprit l'état florissant, dont elle n'a plus cessé de jouir.