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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Les Universités, théâtres bruyants et souvent orageux, des combats et des triomphes scholastiques, n'éprouvèrent pas, dans le cours de cette période, les mêmes vicissitudes que dans les précédentes, excepté peut-être celle de Bologne 773; vers le commencement du siècle, elle joignit aux autres facultés, des chaires d'éloquence grecque et latine, et eut pour professeurs Guarino de Vérone, Jean Aurispa, et Filelfo. Elle parut alors reprendre son ancien éclat, mais des troubles s'élevèrent. Bologne secoua le joug des papes 774 et le reprit 775; l'Université se dépeupla, et quand la paix fut rétablie, l'auteur d'une chronique du temps crut annoncer de belles espérances, en disant que le nombre des écoliers s'élèverait bientôt à cinq cents 776. On se rappelle un temps où ils montaient à dix mille. Cependant lorsque Bologne eut pour légat le cardinal Bessarion 777, l'Université se ressentit de son amour pour les lettres, et depuis lors jusque vers la fin du siècle, les Italiens et les étrangers y revinrent avec un concours presque égal à celui de ses meilleurs temps. Christian, roi de Danemarck, la visita en allant à Rome, en 1474. On cite comme un trait honorable pour l'Université, mais qui ne l'est pas moins pour ce roi, l'hommage qu'il y rendit aux sciences. Il voulut que deux de ses courtisans prissent à Bologne le grade de docteur, l'un en droit et l'autre en médecine. On éleva dans l'église de St.-Pierre un théâtre sur lequel étaient placés, selon l'usage, des sièges pour les professeurs qui devaient conférer le doctorat. On en avait disposé un plus élevé et plus magnifiquement décoré pour le roi. Mais il ne voulut point y monter, et dit qu'il regardait comme très-glorieux pour lui de s'asseoir au même rang que ceux qui étaient dans tout le monde en si grande vénération par leur savoir 778.

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