Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
J'ai parle d'une Isotte, maîtresse et ensuite femme d'un seigneur de Rimini 767, à laquelle les poëtes de son temps firent une réputation de talent poétique, et en voulurent même faire une de sagesse. Une autre Isotte eut des droits plus réels à cette double renommée. Elle était fille de Léonard Nogarola de Vérone. Quand le docte Louis Foscarini, patricien de Venise, était podestat de Vérone 768, Isotte assistait aux assemblées de savants qu'il réunissait chez lui; on y débattait des questions jugées alors très-importantes. On y examinait un jour si la première faute ne doit pas être attribuée à Adam plutôt qu'à Ève. Isotte fut du premier avis, et ce qu'elle dit là-dessus parut si beau, qu'on l'imprima un siècle après à Venise 769, avec une de ses élégies latines. On ne sait si ce furent ses préventions contre Adam qui l'engagèrent au célibat, mais on assure qu'elle mourut fille à l'âge de trente-huit ans. À Ferrare, Blanche d'Este, fille du marquis Nicolas III; à Milan, Domitilla Trivulci, fille d'un sénateur de ce nom, se distinguèrent également par leur beauté, leurs talents pour la musique et pour les arts agréables, et par l'étude qu'elles avaient faite des lettres grecques et latines, au point d'écrire facilement en prose et en vers dans ces deux langues.