Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Le goût pour l'art oratoire paraît avoir été, à cette époque, aussi commun parmi les femmes que le talent poétique; et il est aisé d'expliquer comment l'éclat que l'on donnait aux succès augmentait l'ardeur pour l'étude, ou plutôt cela n'a pas besoin d'explication. La jeune Hippolyte Sforce, fille du duc François, et destinée au roi de Naples Alphonse II, avait été instruite, dès l'enfance, dans les lettres grecques par le célèbre Constantin Lascaris. Elle prononça dans plusieurs circonstances des harangues latines, entre autres devant le pape Pie II, qui fut ainsi plus d'une fois harangué par des femmes. On sait que notre roi Charles VIII le fut dans la ville d'Asti par une petite fille de onze ans, ce qui lui causa une grande surprise, ainsi qu'aux seigneurs de sa cour, réduits pour la plupart à admirer sans entendre. Cette jeune fille se nommait Marguerite Solari. Jacques Philippe Tomasini a écrit la vie et publié 766 les lettres latines d'une Laura Cereta, de Brescia, qui fut aussi très-célèbre par son savoir. Enfin, Alessandra Scala, fille de l'historien Barthélemi Scala, et femme du poëte Marulle, fut poëte elle-même; et si l'on n'a d'elle ni des vers italiens, ni des vers latins, on en a de grecs, imprimés dans les Œuvres de Politien, dont elle fut aimée.