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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Tel fut Bernardo Accolti d'Arezzo, fils de Benedittino Accolti, historien de quelque célébrité. Bernard ne voulut ni de ce nom, ni de celui d'Accolti, et pour mieux exprimer la supériorité de ses talents et de son génie, il ne se nomma plus autrement que l'Unique 753. Quand on annonçait dans le public qu'il allait réciter des vers, soit à Urbin, où il obtint ses premiers succès, soit à Rome, on fermait les boutiques, on accourait de toutes parts en foule pour l'entendre, on plaçait des gardes aux portes, on illuminait tous les appartements; les hommes les plus savants, les prélats les plus distingués, se rangeaient autour de l'Unique, et il était souvent interrompu par des applaudissements universels 754. Rien ne prouve mieux le néant de ce qu'on appelle quelquefois gloire poétique, et qui n'est que le bruit du moment. Le Notturno, Napolitain, à qui l'on ne connaît point d'autre nom, et l'Altissimo, Florentin, qui s'appelait Cristoforo, et qui préféra ce superlatif pour indiquer, comme l'Unique, combien tout le reste était au-dessous de lui, et plusieurs autres encore qu'il serait superflu de nommer, puisque personne n'a d'intérêt, ni n'aurait de plaisir à les lire, eurent alors des succès presque aussi grands, et servent seulement à nous faire connaître à quel degré d'avilissement étaient tombés et les talents et les honneurs poétiques.

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