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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Quand ces sonnets parurent imprimés, Rome aurait sans doute pardonné les injures et les expressions de mauvais lieu dont ils sont remplis, mais la liberté des deux poëtes était allée jusqu'à des matières sur lesquelles elle n'entendait pas raillerie. L'Inquisition s'en mêla, et la circulation de ces poésies satiriques fut défendue. Dans un des sonnets qui encoururent sa colère, le plus décent de tous et peut-être aussi le plus clair, Pulci examine à sa manière ce que c'est que l'Ame, et se moque des absurdités qu'on a dites sur ce sujet, d'après Aristote et Platon. Il compare l'Ame à ces confitures qu'on enveloppe dans du pain blanc tout chaud, ou à une carbonnade placée dans un pain fendu en deux. Mais que devient-elle dans l'autre monde? Quelqu'un qui y a été, lui a dit qu'il n'y pouvait plus retourner, parce qu'à peine y peut-on arriver avec la plus longue échelle. Certaines gens croient y trouver des bec-figues, des ortolans tout plumés, d'excellents vins, de bons lits; ils suivent pour cela les moines et marchent derrière eux. Pour nous, ajoute-t-il, mon cher ami, nous irons dans la Vallée noire, où nous n'entendrons plus chanter Alleluia 744. Louis Pulci se repentit dans la suite des libertés qu'il avait prises, ou crut devoir conjurer le petit orage qu'elles lui avaient attiré. Il fit en conséquence sa Confession à la Vierge, espèce de poëme en tercets, très-orthodoxe, très-pieux même, qui le réconcilia peut-être avec l'Inquisition, mais qui pourrait, tant il est ennuyeux, le brouiller avec tous les amis des vers.

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