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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Il l'était même dans les matières les plus difficiles et les plus relevées de la philosophie. Dans sa jeunesse, et dès le temps où la philosophie platonicienne était un des objets favoris de ses études, il entreprit de mettre en vers une partie des dogmes de cette philosophie, applicable à la vie commune, et il le fit non-seulement avec cette clarté précieuse qui lui était naturelle, mais en plaçant ses explications dans un cadre qui prouve une rare élévation d'ame et une grande supériorité d'esprit. On sait au milieu de quelle fortune et de quel pouvoir il était né. Ce qui gonfle d'orgueil les ames communes et les petits esprits, ne changea rien à son heureuse et noble nature. Il vit les objets tels qu'ils sont, et ne s'exagéra ni les avantages de la richesse et de la grandeur, ni ceux de la vie pastorale et champêtre, souvent enviée par ceux qui ne la connaissent pas. Dans un poëme divisé en six chapitres, qui porte le titre d'Altercation 710, il se représente quittant la ville pour jouir pendant quelques jours des plaisirs de la campagne; il rencontre un berger qui conduit son troupeau, et il s'entretient avec lui sur le souverain bien. «Chez vous, lui dit-il, heureux bergers, ne règnent ni la haine ni la perfidie cruelle; l'ambition ne peut naître dans vos sillons. Le bien que vous possédez n'excite point d'envie; l'avarice n'a chez vous que de faibles racines, et vous vivez contents dans votre douce indolence. On ne dit point ici une chose pour une autre, et l'on n'a point une langue contraire à son propre cœur; celui dont les actions sont les meilleures est le plus heureux. Je ne crois pas que, dans un air si pur, le cœur soupire quand le rire est sur la bouche, ni que la sagesse consiste à dissimuler et à farder la vérité.»

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