Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Antoine Panormita jouissait à Naples d'une grande considération et d'une haute faveur, lorsque le jeune Pontano y arriva. Il était né à la fin de 1426 668, à Cereto, diocèse de Spolète, dans l'Ombrie 669. Il n'avait eu pour premiers maîtres que des grammairiens ignorants. La guerre le chassa de sa patrie. Il vécut, pendant quelque temps, parmi les armes et les soldats. Il se réfugia enfin à Naples, où il fut accueilli par le Panormita, qui voulut achever lui-même son éducation littéraire. Le maître ne tarda pas à être si content des progrès de son élève, que lorsqu'on le consultait sur quelque passage difficile des poëtes ou des orateurs anciens, il le lui faisait expliquer. Pontano lui dut aussi son avancement et sa fortune; Panormita le produisit auprès du roi Ferdinand Ier. Ce roi lui confia l'éducation de son fils Alphonse II, dont Pontano fut ensuite secrétaire, ainsi que du roi Ferdinand II. Attaché à ces princes, il ne les quitta plus, les accompagna dans toutes les guerres qu'ils eurent à soutenir, et se trouva à plusieurs batailles. Il fut plus d'une fois fait prisonnier; mais dès qu'il se faisait connaître, on s'empressait de le combler d'égards, et quand il voulait parler en public, il était couvert d'applaudissements, au milieu des camps ennemis. Ferdinand Ier. le chargea, en 1486, d'une ambassade auprès d'Innocent VIII, pour en obtenir la paix. Pontano y souffrit beaucoup de peines et de fatigues; mais il en fut payé par le succès de sa négociation, et par les témoignages d'estime que lui donna ce pontife. Quand les articles de la paix furent signés, quelqu'un avertit le pape de ne pas se fier trop à Ferdinand, avec qui, en effet, il y avait toujours des précautions à prendre. «Mais Pontano ne me trompera pas, répondit-il: c'est avec lui que je traite; la bonne foi et la vérité ne l'abandonneront pas, lui qui ne les abandonna jamais 670.» Alphonse II, qui avait été son élève, conserva toujours un grand respect pour lui. Il était un jour assis dans sa tente avec plusieurs généraux de son armée. Pontano y entre, le roi se lève, fait faire silence, et dit en le saluant: «Voilà le maître 671.» Lors de la conquête de Charles VIII, il eut, comme Raphaël Brandolini, la faiblesse de louer le vainqueur, dans un discours public, aux dépens des rois ses bienfaiteurs. On ignore si, après le prompt départ des Français, il reprit ses emplois et sa faveur auprès de la dynastie d'Aragon. Il mourut en 1503, âgé, comme le Panormita, de soixante-dix-sept ans.