Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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À Naples, où ces deux poëtes firent souvent des preuves publiques de leur talent extraordinaire, les applaudissements et les distinctions dont ils jouirent ne purent que donner un nouveau degré d'activité à l'ardeur avec laquelle on y cultivait la poésie latine. Une gloire que les littérateurs italiens accordent à cette ville, c'est d'avoir produit la première des vers latins aussi semblables, pour l'élégance et la grâce, à ceux du siècle d'Auguste, qu'il était possible à des modernes de le faire, et qu'il nous est possible d'en juger. Ce fut le grand Pontano qui eut l'honneur d'en offrir le premier exemple, d'enseigner aux élèves qu'il eut dans l'art des vers et à ceux qui devaient les suivre, à se débarrasser entièrement de la rouille des temps barbares, et à redonner à la poésie latine l'éclat pur et brillant du style antique. Mais il faut avouer qu'il fut immédiatement précédé par un autre poëte, qui lui ouvrit et lui aplanit la route. C'est Antoine Beccadelli ou Beccatelli, surnommé Panormita, à cause de Palerme sa patrie, en latin Panormus. Il y était né en 1394 662. À l'âge de vingt-six ans, il fut envoyé à l'Université de Bologne, pour étudier les lois. Ses études finies, il s'attacha au duc de Milan, Philippe-Marie Visconti. Il fut ensuite professeur de belles-lettres à Pavie, mais sans quitter la cour de Milan, où il jouissait d'un revenu de 800 écus d'or. L'empereur Sigismond, qui visita en 1432 quelques villes de Lombardie, lui accorda la couronne poétique, et l'on croit que ce fut à Parme qu'il l'alla recevoir. Il se rendit ensuite à la cour de Naples, auprès du roi Alphonse. Il y passa le reste de sa vie, et suivit constamment ce roi dans ses expéditions et dans ses voyages. Alphonse le combla de bienfaits, lui fit don d'une belle maison de campagne, l'inscrivit parmi la noblesse napolitaine, lui confia des emplois importants, et l'envoya en ambassade à Gênes, à Venise, à l'empereur Frédéric III, et à quelques autres princes. Après la mort d'Alphonse, le Panormita ne fut pas moins cher au roi Ferdinand, et lui fut attaché de même en qualité de secrétaire et de conseiller. Il mourut à Naples, à soixante-dix-sept ans, en 1471.