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Histoire littéraire d'Italie (3/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Une nouvelle carrière s'ouvrit alors pour son éloquence. Quoiqu'aveugle, il alla prêcher dans plusieurs villes d'Italie, et recueillit partout des applaudissements. Il employait dans ses sermons un style grave, sententieux, philosophique. «On croirait, dit un écrivain du temps 658, entendre en chaire un Platon, un Aristote, un Théophraste.» Ce même auteur parle ensuite avec encore plus d'admiration du talent poétique d'Aurelio: «Ce qui le met, dit-il, au-dessus de tous les autres poëtes, c'est que les vers qu'ils faisaient avec tant de travail, il les fait, lui, et les chante en impromptu. Il fait briller, dans cet exercice, une mémoire si prompte, si fertile et si ferme, un si beau génie et une si grande perfection de style, que cela est à peine croyable. À Vérone, dans une assemblée nombreuse composée des hommes les plus distingués par leur rang et par leur science, et devant le podestat même, prenant en main sa lyre, il traita sur-le-champ, et en vers de toutes mesures, tous les sujets qui lui furent proposés. On l'invita enfin à improviser sur les hommes illustres dont Vérone a été la patrie. Alors, sans s'arrêter un instant pour réfléchir, sans hésiter et sans interrompre son chant, il célébra de suite, en très-beaux vers, Catulle, Cornélius Népos, surtout Pline l'Ancien, qui fait le plus d'honneur à cette ville. Mais ce qu'il y eut de plus admirable, c'est qu'il se mit tout à coup à exposer, en vers très-élégants, toute son Histoire naturelle, divisée en trente-sept livres, parcourant tous les chapitres, et n'omettant rien de remarquable. Ce talent extraordinaire lui a toujours été familier. Il l'exerça souvent devant Sixte IV, soit quand on célébrait la fête de quelque saint, soit lorsqu'on lui proposait un autre sujet, quelque imprévu et quelque difficile qu'il pût être, etc. 659» C'est là ce don de la nature qu'ont possédé depuis, en italien, un cavalier Perfetti, une Corilla Olimpica, un Luigi Serio, que possède aujourd'hui comme eux un Gianni; don que l'on peut déprécier tant qu'on voudra par des lieux communs, mais qui paraît toujours moins étonnant et plus facile, à mesure qu'on est moins en état, je ne dis pas de le posséder, mais de le comprendre.

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