Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Quelques poëtes du même temps ont mieux conservé la renommée dont ils jouirent pendant leur vie, et méritent d'être plus particulièrement connus. Giannantonio Campano, né vers l'an 1437 à Cavelli, village de la Campanie, ou de la terre de Labour, de parents si obscurs qu'il ne porta toute sa vie d'autre nom que celui de sa province, gardait les troupeaux dans son enfance. Un bon prêtre reconnut en lui des indices de talent, et l'emmena à Naples, où il fit ses études sous le célèbre Laurent Valla. Campano voulut ensuite passer en Toscane; il fut arrêté en chemin, pillé par des voleurs, et obligé de se sauver à Pérouse. Il y trouva d'abord un asyle, et ensuite un état conforme à ses études et à ses goûts. Il y fut nommé professeur d'éloquence. Il remplissait avec distinction cette chaire 646, lorsque le pape Pie II, passant à Pérouse pour se rendre au concile de Mantoue, le vit, se l'attacha, et le fit, peu de temps après, évêque de Crotone, et ensuite de Terame 647. Sa faveur se soutint sous Paul II, qui l'envoya au congrès de Ratisbonne pour traiter de la ligue des princes chrétiens contre les Turcs. Sixte IV, qui avait été l'un de ses disciples à Pérouse, le fit successivement gouverneur de Todi, de Foligno, et de Città di Castello; mais ce pape ayant fait assiéger cette dernière ville, parce que les habitants avaient fait difficulté d'y recevoir ses troupes, Campano, touché des désastres dont ce peuple était menacé, écrivit au pontife avec une liberté qui le mit dans une telle colère, qu'il lui ôta son gouvernement, et le chassa même de l'état ecclésiastique. L'infortuné prélat se rendit à Naples, et n'y ayant pas reçu l'accueil qu'il avait espéré, il se retira dans son évêché de Teramo, où il mourut en 1477, à l'âge de cinquante ans.