Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Padoue et les princes de Carrare qui en étaient maîtres, eurent pour historien Pierre-Paul Vergerio, dont je dois faire mention, non à cause de Padoue ni de ses princes, mais parce qu'il fut un des plus grands littérateurs du quatorzième et du quinzième siècles. Il était né dès l'an 1349 585 à Giustinopoli ou Capo d'Istria. Après avoir parcouru plusieurs villes d'Italie, où il donna des preuves éclatantes de son savoir dans la philosophie, le droit civil, les mathématiques, la langue grecque et la littérature, il assista au concile de Constance, passa ensuite en Hongrie, où l'on croit qu'il fut appelé par l'empereur Sigismond, et y mourut vers le temps du concile de Bâle. Outre son histoire des princes de Carrare 586, une Vie de Pétrarque 587 et quelques autres ouvrages de différents genres, on a de Vergerio un livre intitulé des Mœurs honnêtes 588, qui eut alors un succès si prodigieux qu'on l'expliquait partout publiquement dans les écoles. Il traduisit le premier en latin, pour l'empereur Sigismond, la vie d'Alexandre par Arrien 589. Il fit aussi des vers, et même une comédie latine que l'on conserve manuscrite dans la bibliothèque Ambroisienne 590. On dit que sa tête s'altéra dans les dernières années de sa vie, qu'il la perdit presque entièrement, et qu'il n'en jouissait plus que par intervalles; infirmité affligeante, humiliante pour la raison humaine, et dont ni la force, ni l'étendue d'esprit, ni le génie même ne garantissent, mais qui, par une singularité remarquable, est cependant moins commune parmi les hommes qui ménagent le moins leurs facultés intellectuelles, qui les exercent, ou, si l'on veut, qui les fatiguent le plus.