Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Il y eut alors peu de villes qui n'eussent, comme Florence, leur historien particulier: les différentes histoires littéraires entrent, sur presque tous, dans des détails intéressants pour chacune de ces villes, mais qui le seraient trop peu pour nous. Il faut en excepter d'abord les historiens de Venise, rivale de Florence dans la politique, dans les lettres et dans les arts. Dès le commencement de ce siècle, les Vénitiens avaient désiré d'avoir, au lieu de chroniques, de journaux et de mémoires informes, une histoire méthodique, élégante et suivie, qui consacrât les événements les plus mémorables de leur république. Plusieurs écrivains célèbres furent choisis, mais différents obstacles les empêchèrent de se livrer à ce travail. Celui qui l'entreprit enfin, fut Marc-Antonio Coccio, né en 1436, dans la campagne de Rome 577, sur les confins de l'ancien pays des Sabins, ce qui lui fit substituer à son nom, suivant l'usage de ce temps, celui de Sabellico. Il était élève de Pomponio Leto, et fut appelé, en 1475, à Udine, comme professeur d'éloquence. Il le fut, en la même qualité, à Venise, en 1484. La peste l'obligea, peu de temps après, de se retirer à Vérone, et ce fut là que, dans l'espace de quinze mois, il écrivit en latin les trente-trois livres de son Histoire vénitienne; il les publia en 1487 578, et la république en fut si contente, qu'elle lui assigna, par décret, une pension annuelle de deux cents sequins. Sebellico, par reconnaissance, ajouta à son Histoire quatre livres qui n'ont jamais vu le jour. Il publia de plus une Description de Venise en trois livres, un dialogue sur les Magistrats vénitiens, et deux poëmes en l'honneur de la République.