Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Cependant la guerre continuait avec fureur. François de Carrare avait eu d'abord l'avantage; mais le roi de Hongrie, qui lui avait envoyé des troupes, menaça de les tourner contre lui s'il ne consentait à la paix. Venise se voyant soutenue, la proposait à des conditions humiliantes; il fallut pourtant l'accepter 596. Un article du traité portait qu'il irait eu personne à Venise, ou qu'il enverrait son fils demander pardon à la république, des insultes qu'il lui avait faites, et lui jurer fidélité. Le seigneur de Padoue envoya son fils, et pria Pétrarque de l'accompagner et de porter pour lui la parole devant le sénat. Cette mission était désagréable; mais l'attachement de Pétrarque pour un prince, fils de son ancien ami et de son bienfaiteur, ne lui permit pas de chercher dans son âge et dans sa santé toujours chancelante, des raisons pour s'en dispenser. Le jeune Carrare 597, Pétrarque et une suite nombreuse arrivés à Venise, eurent dès le lendemain audience. Soit fatigue, ou soit que la majesté du sénat vénitien troublât Pétrarque, il ne put prononcer son discours, et la séance fut remise au jour suivant. Ce discours, qui ne s'est point conservé, fut vivement applaudi. Les Vénitiens témoignèrent la plus grande joie de revoir dans leur ville celui qui, pendant plusieurs années, en avait fait l'ornement.