← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Pétrarque parut reprendre quelques forces et remplit bientôt après, sur la scène du monde, un dernier rôle que lui confia l'amitié. La guerre s'était élevée entre les Vénitiens et François de Carrare, seigneur de Padoue. Cette ville était menacée d'un siége; mais la campagne remplie de troupes, était encore un séjour plus dangereux. Pétrarque sortit d'Arqua pour se réfugier à Padoue avec ses livres; car, après s'être défait des premiers, il en avait acquis de nouveaux, comme il arrive toujours quand on les aime. A Padoue, il trouva dans un libelle qui excita sa bile, une occasion d'exercer sa plume. Le pape, mécontent de cette guerre, envoya, en qualité de nonce, un jeune professeur en droit, nommé Ugution, ou Uguzzon de Thiennes, pour rétablir la paix. Ce nonce se rendit d'abord à Padoue. Il connaissait Pétrarque; il l'alla voir, et lui communiqua un écrit injurieux qu'un moine français, dont il ignorait le nom, venait de publier à Avignon contre lui. C'était une critique amère de la lettre qu'il avait adressée quatre ans auparavant à Urbain V, pour le féliciter de son retour à Rome. Rome et l'Italie n'y étaient pas plus ménagées que Pétrarque. Peut-être n'eût-il pas répondu à des attaques uniquement dirigées contre lui; mais il ne put souffrir qu'un moine barbare osât écrire contre l'objet de ses adorations. La colère ne lui donna que trop de forces. Il s'emporta dans cette réponse en expressions indignes de lui, comme il l'avait fait vingt ans auparavant contre le médecin du pape. Cette seconde invective s'est malheureusement conservée comme la première 595: toutes deux prouvent que le caractère le plus doux peut quelquefois s'aigrir, et l'esprit le plus élevé descendre de sa hauteur; mais c'était descendre bien bas, que de se ravaler jusqu'aux injures avec un moine.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings