Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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D'autres intérêts, des pertes plus sensibles l'occupaient. A celles qu'il avait déjà faites, se joignit, cette même année, la mort de plusieurs de ses anciens et de ses nouveaux amis. Parmi les anciens, il pleura surtout le bon Sennuccio del Bene, le plus intime confident de ses amours. Il voyagea dans la Lombardie pour se distraire et pour se serrer, en quelque sorte, auprès des amis qui lui restaient. Le vieux Louis de Gonzague, seigneur de Mantoue, l'appelait depuis long-temps à sa cour. Il y alla passer quelques moments dont il profita pour visiter le petit village d'Andès, caché aujourd'hui sous le nom obscur de Pietola, mais qui sera célèbre, dans tous les temps, par la naissance de Virgile. Parmi ces chagrins et ces distractions, un grand objet revenait souvent à sa pensée: c'était le sort de l'Italie, toujours déchirée par les guerres que s'y faisaient de petits princes, dont aucun ne devenait assez puissant pour en fixer la destinée. Depuis la chute de Rienzi, à qui il ne s'était attaché que dans cette espérance, Pétrarque n'en conçut une nouvelle que lorsqu'il crut Charles de Luxembourg disposé à descendre en Italie. La bonne intelligence de cet empereur avec le pape, le rendait propre à réunir le parti Guelfe au parti Gibelin; Pétrarque lui écrivit à ce sujet une lettre remplie d'art, d'éloquence et de force 539. Charles IV y répondit, mais, ce qui n'est pas encourageant pour les hommes le plus en état de donner aux princes les conseils qu'il leur importerait le plus de suivre, il n'y répondit que trois ans après.