Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Urbain désirait ardemment voir Pétrarque 589. Il le fit presser par ses amis de venir à Rome, et l'en pressa enfin lui-même par une lettre remplie des expressions les plus flatteuses. Pétrarque, quoique malade, passa l'hiver à faire ses dispositions pour ce voyage. La première fut de faire et d'écrire de sa propre main son testament 590, que l'on trouve dans la plupart des éditions de ses œuvres. Parmi plusieurs legs de piété, d'amitié, de bienfaisance, on y remarque deux articles, dont l'un prouve son goût pour les arts, l'autre son amitié pour Boccace, et en même temps le mauvais état de fortune où il le savait réduit. Il lègue par le premier, au seigneur de Padoue, son tableau de la Vierge, peint par Giotto, dont les ignorants, dit-il, ne connaissent pas la beauté, mais qui fait l'étonnement des maîtres de l'art. Par le second, il lègue à Jean de Certaldo, ou Boccace, cinquante florins d'or, pour acheter un habit d'hiver pour ses études et ses travaux de nuit; et il ajoute qu'il est honteux de laisser si peu de chose à un si grand homme 591.