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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Dans son dernier voyage à Padoue, il avait éprouvé un de ces chagrins domestiques auxquels ni la supériorité d'esprit, ni l'étude de la philosophie ne peuvent empêcher d'être sensible. Il avait depuis environ trois ans auprès de lui un jeune homme sans fortune, mais d'un heureux naturel, et qui montrait de grandes dispositions pour les lettres. Il était né à Ravenne 586, de parents pauvres et obscurs. Lorsqu'il prit ensuite sa place dans le monde littéraire, il joignit à son prénom le nom de sa patrie, et se rendit célèbre sous celui de Jean de Ravenne 587. Pétrarque, à qui il servait de secrétaire, charmé de sa douceur et des talents qu'il annonçait, l'admettait à sa table, à ses plus secrets entretiens: dans ses promenades, dans ses voyages, il le menait partout avec lui; il le dirigeait dans ses études; il s'occupait de son avenir, et, lui ayant fait prendre l'état ecclésiastique, il attendait pour lui un bénéfice qui devait lui procurer l'indépendance; il l'aimait enfin avec toute la tendresse d'un père. Un matin, ce jeune homme entre dans son cabinet, et lui déclare qu'il va partir, qu'il ne veut plus rester dans sa maison. Pétrarque, sans se fâcher, le questionne, cherche à le ramener, à l'attendrir, à l'effrayer sur les suites du parti qu'il va prendre. Jean persiste à vouloir partir. Pétrarque part lui-même pour Venise, l'emmène avec lui, tâche de lui remettre la tête, qu'en effet il semblait avoir perdue. Il voulait aller à Naples voir le tombeau de Virgile; en Calabre, chercher le berceau d'Ennius; à Constantinople et en Grèce, apprendre le grec. Il partit enfin, mais pour Avignon. Des accidents fâcheux l'arrêtèrent en route: il revint sur ses pas jusqu'à Pavie, mourant de faim, de fatigue et de misère. Il y attendit Pétrarque, qui s'y rendit peu de temps après, le reçut avec bonté, lui pardonna, mais ne se fia plus à lui. Un an fut à peine écoulé, que la tête de Jean se monta de nouveau. Il voulut absolument aller en Calabre. Pétrarque souffrit sans se plaindre ce retour qu'il avait prévu, lui donna des lettres de recommendation pour Rome et pour Naples, continua de s'y intéresser, et même de correspondre avec lui, l'exhortant toujours de loin, comme il l'avait fait de près pendant quatre ans, à l'étude et à la vertu. Jean de Ravenne acquit dans la suite une grande célébrité, et l'Italie eut en lui un des principaux restaurateurs des lettres, qu'il dut aux bienfaits de Pétrarque et à ses leçons.

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