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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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L'ancien évêque de ce diocèse, Philippe de Cabassoles, alors patriarche de Jérusalem, était le plus cher des amis que Pétrarque avait encore à Avignon. Il promettait depuis long-temps à ce prélat un Traité de la vie solitaire, qu'il avait commencé à Vaucluse. L'ayant achevé à Venise, il le lui envoya, avec la dédicace qui lui est adressée, et qu'on lit à la tête de ce Traité. Le pape Urbain faisait concevoir de grandes espérances, opérait des réformes dans toutes les parties de la discipline, et donnait l'exemple de celle des mœurs, dont il était plus que temps d'arrêter l'effrayante corruption. Pétrarque le crut digne de remplir enfin ses vues sur l'Italie. Il lui écrivit une lettre longue, éloquente et hardie, pour l'engager à y revenir 583. Cette lettre, aussi remplie de traits d'érudition que de hardiesse, étonna doublement Urbain, qui était plus savant en droit canon qu'en littérature et en histoire 584. Il chargea François Bruni d'Arezzo, alors secrétaire apostolique, d'y faire quelques commentaires qui lui en facilitassent l'intelligence. Tout le monde, dans Avignon, fut surpris au ton que Pétrarque osait prendre avec un souverain pontife; cependant, soit que le pape eût déjà conçu le dessein de son retour, soit qu'il y fût porté par les raisonnements et par l'éloquence de Pétrarque, il déclara, peu de temps après avoir reçu cette lettre, son départ pour Rome, dont il fixa l'époque après Pâques de l'année suivante. Malgré les efforts que le roi de France fit pour le retenir, et tous les petits moyens qu'y employèrent les cardinaux, fâchés de quitter les beaux palais qu'ils avaient fait bâtir, et beaucoup d'agréments et de jouissances qu'ils n'étaient pas sûrs de retrouver ailleurs, Urbain tint sa parole; il partit d'Avignon, le 30 avril 585, alla s'embarquer à Marseille, s'arrêta quelques jours à Gênes, resta quatre mois à Viterbe, et fit, au mois d'octobre, son entrée solennelle à Rome. On doit penser qu'il ne tarda pas à y recevoir une lettre de félicitation de Pétrarque, qui lui exprima, de Venise, la joie dont il était transporté.

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