← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

La mort du cardinal Colonne dispersa les amis que Pétrarque avait encore auprès de lui. Socrate resta à Avignon, d'où il fit de nouveaux efforts pour y rappeler son ami. Un Romain, nommé Luc Chrétien, à qui Pétrarque avait résigné son canonicat de Modène, quand il fut fait archidiacre de Parme, et Mainard Accurse, descendant du fameux jurisconsulte de Florence, retournèrent en Italie pour le voir et s'arranger avec lui sur le plan de vie qu'ils devaient suivre 537. Le jour qu'ils arrivèrent à Parme, il en était parti pour un petit voyage à Padoue et à Vérone. Pétrarque, de retour au bout d'un mois, apprit avec un vif regret l'occasion qu'il avait manquée; il leur députa un de ses domestiques, qu'il vit bientôt revenir avec les nouvelles les plus affreuses. En approchant de Florence, ils avaient été assassinés par des brigands. Mainard Accurse était mort, et Luc était mourant de ses blessures. Ces brigands étaient des bannis de Florence, soutenus par les Ubaldini, maison ancienne et puissante, qui possédait, près de Mugello, plusieurs forteresses dans l'Apennin. Ils y donnaient retraite aux bandits, favorisaient leurs voleries, et partageaient avec eux le butin 538. Pétrarque, pénétré de douleur, écrivit une lettre véhémente aux prieurs et au gonfalonnier de la république, pour leur demander vengeance de cet assassinat. Il l'obtint. Les Florentins envoyèrent contre les Ubaldini et leurs brigands, une armée qui fit le dégât sur leurs terres, et prit en moins de deux mois leurs châteaux. Ainsi, la Toscane dut sa tranquillité aux réclamations éloquentes d'un de ses concitoyens encore banni de son sein, ou du moins fils d'un banni, et à qui les biens de sa famille n'avaient pas encore été rendus.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings