← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Cet amour était mis à de grandes épreuves. L'Italie était dévastée par la peste et par la guerre. Les compagnies étrangères y redoublaient leurs ravages et y répandaient la contagion. Le Milanais était en proie à ces deux fléaux à la fois; c'est sans doute ce qui força Pétrarque à quitter Milan et l'agréable séjour de Linterno, et à se réfugier à Padoue. Il s'était réconcilié avec son fils Jean, et commençait à en espérer mieux: il le perdit. Ses amis firent de nouveaux efforts pour l'attirer, les uns à Naples, les autres à Avignon. L'empereur renouvela aussi ses instances. Pétrarque fut près de céder. Il se mit même en route pour Avignon, alla jusqu'à Milan, et de là, changeant d'avis, voulut s'acheminer vers l'Allemagne, mais les compagnies franches étaient partout, obstruaient tous les passages: il revint à Padoue et en fut chassé par la peste 575. Elle n'avait point encore gagné Venise: il y chercha un asyle: jamais il ne se transportait ainsi sans ses livres, qui le suivaient chargés sur plusieurs chevaux 576. C'était un embarras dont il trouva le moyen de se délivrer honorablement, en faisant à la république de Venise le don de sa bibliothèque. Ce don fut accepté par un décret, qui assigna un palais pour le logement de Pétrarque et de ses livres 577. Il avait mis pour condition que jamais ils ne seraient séparés ni vendus. Il espérait qu'on prendrait soin de les conserver après lui; mais ce soin a été négligé. Les livres ont péri, et il ne reste plus que la mémoire d'une donation que le temps aurait dû respecter.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings