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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Il continuait de se partager entre sa jolie retraite de Linterno et le séjour de Milan. Il avait depuis peu avec lui Jean, son fils naturel, qui, parvenu à l'âge des passions, lui donnait des chagrins et de l'inquiétude. Il fut volé de tout ce qu'il avait à Milan, et ne put en accuser que son fils. Ce vol fut la cause qui le fît changer de demeure, ou le prétexte qu'il donna de ce changement. Il alla s'établir dans une abbaye hors des murs de la ville, entre la porte de Côme et celle de Verceil 571. Peu de temps après 572, sa vie paisible et studieuse fut encore interrompue pour une ambassade honorable. Le roi Jean, prisonnier en Angleterre depuis la bataille de Poitiers, était enfin sorti de sa longue captivité; Isabelle, sa fille, venait d'épouser, à Milan, le fils de Galéas Visconti. Galéas députa Pétrarque auprès du roi, pour le complimenter sur sa délivrance 573. L'état déplorable où il trouva Paris et ce qu'il traversa du royaume, le toucha jusqu'aux larmes, quoiqu'il n'aimât pas la France. Le roi Jean et le dauphin, son fils, lui firent l'accueil le plus distingué. Le peu qu'il y avait de gens de lettres et de savants capables de l'entendre, s'empressèrent de jouir de ses entretiens et de rendre hommage à ses lumières. Le roi voulut le retenir à sa cour: le dauphin l'en pressa encore davantage; mais l'Italie le rappelait; il y revint dès que sa mission fut remplie. Les instances du roi Jean, ses présents, ses promesses plus magnifiques encore, le poursuivirent jusqu'à Milan; il reçut aussi de l'empereur, peu de temps après son retour 574, des invitations non moins pressantes, accompagnées de l'envoi d'une coupe d'or d'un travail admirable; mais ni la France, ni l'Allemagne ne le tentèrent. Il opposa à toutes les sollicitations ses deux passions dominantes, l'amour de la patrie, et ce qu'il appelait sa paresse.

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