Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Je n'oserais pas ajouter à cette délicatesse de goût la sûreté, car c'est ce dont il manqua quelquefois, et ce que les restes de barbarie de son siècle, et les abus qui s'étaient introduits avant lui ne lui permettaient pas d'avoir. Il ne put se refuser à ces jeux antithétiques du chaud et du froid, de la glace et de la flamme, de la paix et de la guerre qui viennent quelquefois défigurer ses morceaux les plus agréables et les plus intéressants. C'est encore son siècle qu'il faut accuser de ces idées froidement alambiquées, nées de l'espèce de fureur platonique qui régnait alors, et dont nous avons vu de malheureux exemples dès les premiers pas de la langue et de la poésie italiennes 720. Mais si ces défauts se font trop sentir dans Pétrarque, par combien de beautés ne sont-ils pas rachetés? Avec quelque rigueur que l'on veuille juger les uns, de quelle trempe ne doivent pas être les autres pour que, ni le temps, ni les variations du goût et des mœurs ne leur aient rien ôté de leur prix? La rouille de la barbarie couvrait encore une partie de l'Europe; l'Italie même s'en dégageait à peine.