Note 720 — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Note 720: (retour) Je ne lui reprocherais donc pas cette manière de mettre en action le cœur, les yeux, la vertu qui se retire autour du cœur et dans les yeux pour se défendre contre l'amour, l'âme qui sort du cœur pour suivre l'objet aimé; ni ces allusions fréquentes du nom de Laure au laurier, arbre poétique et sacré, ou du nom de l'illustre famille Colonne à des colonnes qui soutiennent un temple ou un palais; ni ces froides sixtines, qu'il imita des Provençaux C, et qui, à une seule près, peut-être, ne sentent que l'effort, la recherche et le travail; ni ces rimes gratuitement difficiles et pénibles, dont il avait pris l'idée dans la même source; ni quelques autres vices de ce genre, nés de l'esprit de son temps, auquel il fut supérieur, mais dont il ne put entièrement se garantir. Je lui reprocherais plutôt des jeux de mots puérils, tels surtout que cette étrange décomposition du nom de Laure, ou plutôt de Laureta, en trois parties (sonnet 5); je lui reprocherais, pour d'autres motifs, ces comparaisons de la maison de Bethléem, où naquit le Sauveur du monde, avec l'humble demeure où Laure était née, et du soin qu'il se donne de chercher dans les traits des autres femmes quelques traits de Laure, avec la peine que se donne un vieux pélerin d'aller à Rome pour adorer la sainte Face; je lui reprocherais encore ces métamorphoses qu'il a eu la patience de décrire dans les huit stances d'une canzone, d'ailleurs très-poétiquement écrite, où il prétend qu'il a été changé successivement en laurier, en cygne, en pierre, en fontaine, en rocher, d'où sort un plaintif écho, enfin en cerf, comme Actéon, pour avoir regardé Laure dans un bain; je lui reprocherais enfin plusieurs autres écarts d'imagination qui paraissent lui appartenir en propre, et qui tiennent à un tour particulier d'esprit qui eût peut-être été le même dans tout autre siècle que le sien; ou plutôt il vaut encore mieux ne lui reprocher rien, noter une fois ce qui déplaît et doit déplaire, relire et admirer ce qui est exquis, c'est-à-dire, à peu près tout le reste, et ne pas oser opposer sans cesse à son plaisir les scrupules du goût et les vétilleries de la critique.