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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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On croit qu'il profita beaucoup des poëtes provençaux, et l'on voit en effet dans ses vers quelques traces de ces imitations dont on ne peut lui faire un reproche, puisque partout où il imite il embellit. Il peut aussi avoir connu la poésie des Arabes, au moins dans des traductions, et l'un de ses premiers sonnets sur la mort de Laure paraît presque copié d'une pièce de vers sur la mort du fameux Salah-Eddin ou Saladin qu'on trouve dans la Bibliothèque Orientale 718; mais il ne prit de personne l'abondance de ses sentiments et de ses pensées, la grâce et la facilité de son élocution, ni toutes les qualités éminentes de son style. Après tous les poëtes qui l'avaient précédé, après Dante lui-même, il restait encore à faire, quant au choix des expressions et à la fixation de la langue: après Pétrarque, il ne resta plus rien. Il n'y a peut-être pas, selon M. l'abbé Denina 719, dans tout le canzoniere, deux expressions, même parmi celles que lui arrachait la nécessité de la rime, qui aient vieilli, ou qui soient hors d'usage. Il joignit au choix des mots le soin de les placer de manière à en augmenter l'effet, l'art d'assortir la coupe des vers à la nature des sentiments et des pensées, d'entremêler les vers les plus gracieux et les plus doux de vers forts, énergiques et qui ont quelquefois une sorte d'âpreté; et les vers simples et naturels, de vers travaillés avec le plus grand artifice. Dans tout ce qu'il a écrit, même lorsqu'il s'égare, ou reconnaît à la fois le naturel et le travail du poëte. La nature lui avait donné le génie poétique, sans lequel on se fatigue en vain, et il y ajouta cette étude constante des grands modèles et ce travail obstiné qui font seuls fructifier le génie. Enfin, dans ce choix de mots et d'expressions qui était alors si difficile, puisque la langue était pour ainsi dire encore à son enfance, et dans toutes ces autres parties si essentielles de l'art, il fut guidé par un goût délicat que le génie n'a pas toujours, que l'étude développe, mais qu'elle ne donne pas.

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