Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
On voit qu'il ne voulut point, comme les poëtes anciens, peindre les effets extérieurs de la passion et les plaisirs sensibles qu'ils ont su rendre avec tant de fidélité, et que l'on goûte d'autant plus dans leurs vers, que l'on y reconnaît davantage ses propres affections et ses faiblesses 717; mais qu'ayant élevé son âme par la contemplation du beau moral, et par l'espèce de culte que Laure obtint de lui, jusqu'à un amour dégagé des sens, il sut donner à cette passion le langage le plus naturel, puisqu'il est le plus convenable à sa nature presque céleste. Le cours des opinions et des mœurs a emporté loin de nous les passions de cette espèce; mais elles n'étaient pas sans exemple de son temps; et, certain une fois, comme on doit l'être, que ce qu'il exprima d'une manière si ingénieuse et, si l'on veut, si extraordinaire, il le sentait réellement, on doit trouver un plaisir secret à reconnaître dans ses poésies au moins comme un objet de curiosité, les traces de cet amour presque entièrement disparu de la terre.