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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Si l'on veut apprécier exactement les poésies de Pétrarque, il faut beaucoup s'écarter de l'opinion qu'il en avait lui-même. Il n'avait jamais cru qu'elles dussent contribuer à sa réputation, qu'il fondait sur ses ouvrages philosophiques et sur ses poésies latines. Il avait destiné ses poésies vulgaires à exprimer sans effort les divers mouvements de son cœur, et à plaire aux femmes et aux hommes du monde, pour qui la langue latine était moins familière que l'italienne. Il ne s'attendait pas à un succès si grand et si général, et fut surpris de leur renommée. C'est ce qu'il dit lui-même très-clairement dans ce sonnet de sa seconde partie 714. «Si j'avais pensé que le son de mes soupirs répandu dans mes vers pût obtenir tant de succès, j'en aurais augmenté le nombre, et j'en aurais plus travaillé le style. Mais depuis la mort de celle qui me faisait parler, et qui était toujours en tête de mes pensées, je ne puis plus donner à des rimes incultes et obscures la douceur et la clarté qui leur manquent. Certes, tout mon désir était alors de soulager les tourments de mon cœur, et non d'acquérir de la gloire. Je ne voulais que pleurer, et non me faire honneur de mes larmes. Maintenant je voudrais plaire; mais cette fière beauté m'appelle, et veut que je la suive en silence, tout fatigué que je suis.»

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