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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Cet amour pour sa patrie, qui forme un des plus beaux traits du caractère de Pétrarque, et son goût naturel pour l'honnêteté des mœurs, encore augmenté par la pureté du sentiment dont il était rempli, lui donnaient, comme on l'a vu dans sa Vie, une forte aversion pour le séjour d'Avignon, et pour les mœurs qu'il voyait régner à la cour des papes. Il ne pouvait souffrir que le scandale partît, comme cela n'est arrivé que trop souvent, du centre même d'où l'édification devait sortir. L'indignation qu'il en conçut, et qui s'exhale souvent dans ses lettres, lui dicta aussi des sonnets violens contre la nouvelle Babylone. Son zèle pour son pays et pour la vertu le rendit le censeur âcre du vice, et changea en satyrique mordant et emporté l'amant de Laure et le poëte de l'amour. Tantôt il personnifie, dans le style des prophètes, cette ville, objet de sa haine. «Que la flamme du ciel, lui dit-il 711, tombe sur les tresses de ta chevelure, méchante, qui t'es élevée, aux dépens d'autrui, de la vie frugale des premiers hommes jusqu'à la richesse et à la grandeur! repaire des trahisons où se prépare tout le mal aujourd'hui répandu dans le monde! esclave du vin, du lit et de la bonne chère, chez qui la luxure exerce tout son pouvoir! On voit dans les chambres de tes palais, danser ensemble des jeunes filles et des vieillards, et Belzébuth au milieu, avec ses soufflets, ses feux et ses miroirs. Puisses-tu n'être plus nourrie sur la plume, au frais et à l'ombre, mais exposée nue aux vents, et sans chaussure aux ronces et aux épines! Vis alors, jusqu'à ce que ton odeur infecte s'élève jusqu'au trône de Dieu!» Tantôt il prédit sa chute prochaine: «L'avare Babylone 712 a comblé la mesure de la colère céleste et de ses vices impies. Il faut enfin que cette colère éclate. L'infâme s'est donné pour dieux, non pas Jupiter ni Pallas, mais Vénus et Bacchus. En attendant le jour de la justice, je me détruis et me ronge moi-même; mais ce jour approche: ses idoles seront renversées éparses sur la terre, et ses tours, superbes ennemies du ciel, et ceux qui les habitent seront, au-dedans et au-dehors, consumés par les flammes. De belles âmes, amies de la vertu, gouverneront alors le monde, nous le verrons reprendre les mœurs du siècle d'or, et se renouveler tous les antiques exemples.»

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