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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Mais ces idées et ces sentiments, dignes de l'ancienne Rome, brillent surtout dans cette belle ode que lui dicta son amour pour sa chère Italie, dans un moment où il la voyait déchirée par les guerres sanglantes que se faisaient entre eux de petits princes, sans qu'il pût résulter de cette longue effusion de sang, rien de bon ni d'honorable pour elle. Cette canzone 708 est une des plus belles productions de la lyre italienne. La gravité du style y répond à celle de la matière. Tout y est noble et revêtu d'une sorte de majesté. Au lieu de figures vives et brillantes, ce sont des images et des pensées pleines de magnificence et de dignité. Le poëte se représente lui-même, dans la première strophe, désirant que l'expression de ses soupirs soit telle que l'espèrent le Tibre, l'Arno et le Pô, près des bords duquel il est assis; ce qui fait conjecturer qu'a Rome, à Florence et à Parme, où l'on croit qu'il était alors, on l'avait engagé à composer sur ce sujet qui intéressait toute l'Italie 709, et à se jeter, pour ainsi dire, le rameau poétique à la main, au milieu de ces furieux. C'est donc une sorte de mission sacrée qu'il remplit, et c'est sans doute ce qui lui a inspiré le ton qu'il prend et qu'il soutient dans toute cette ode. Il s'adresse à l'Italie elle-même, dont le beau corps est couvert de plaies mortelles, et à Dieu pour qu'il prenne en pitié sa nation chérie, qu'il fléchisse les cœurs endurcis par le bruit des armes, et qu'il les dispose à écouter la vérité qui va s'énoncer par sa voix.

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