Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Les mêmes lieux qui enchantaient notre poëte lorsque, pendant la vie de Laure, il y portait ou y trouvait partout son image, les campagnes qui environnent Avignon, le charmaient encore quand il y revint après la mort de Laure, et qu'il put s'y livrer à ses amoureux souvenirs. Quelques sonnets choisis parmi ceux qu'il fit à cette époque, quoique faiblement traduits en prose, conserveront peut-être encore l'empreinte de ces beaux lieux et de ces tristes sentiments. «Vallon qui retentis de mes gémissements 694, fleuve qui t'accroîs souvent de mes larmes, animaux des forêts, charmants oiseaux, et vous poissons que renferment ces deux verdoyants rivages, air qu'échauffent et que rendent plus sereins mes soupirs; doux sentier où je trouve aujourd'hui tant d'amertume; colline qui me plaisais, qui maintenant m'affliges, où, par habitude, l'amour me conduit encore; je reconnais bien en vous les formes accoutumées; mais hélas! je ne les reconnais plus en moi, qui, d'une si douce vie, me vois plongé dans d'inconsolables douleurs. C'est d'ici que je voyais celle que j'aime, et c'est en suivant les mêmes traces que je reviens voir le lieu d'où elle s'est élevée au ciel, laissant sur la terre sa dépouille mortelle.»