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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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La plupart des critiques italiens, ou plutôt des commentateurs sans critique, Vellutello, Gesualdo, Daniello, ont admiré cette dernière sœur comme les deux aînées, et cette fin comme le reste. Castelvetro, tout rempli d'Aristote, se borne à analyser, dans toutes les trois, les divisions et subdivisions du sujet, l'ordre que l'auteur y observe, l'enchaînement de ses raisonnements et de ses preuves. Le mordant Tassoni lui-même est désarmé par la perfection de ces trois chefs-d'œuvre, qui suffisaient, selon lui, pour obtenir à Pétrarque la couronne poétique. Le judicieux Muratori 685 a seul osé reprendre les défauts qui en obscurcissent les beautés. On lui en a fait un crime. Trois académiciens des Arcades 686 ont écrit un livre pour lui prouver qu'il avait tort, et pour défendre corps à corps toutes les strophes et tous les vers de Pétrarque qu'il avait attaqués. L'idée fidèle que j'ai donnée des trois canzoni peut faire entrevoir qu'ils n'ont pas toujours raison dans leurs défenses; et à moins d'être un de ces Pétrarquistes effrénés, qui n'entendent raison ni sur un sonnet, ni sur un vers, ni sur une rime, on peut se permettre de penser comme Muratori lui-même, «qu'enfin Pétrarque n'est pas infaillible, qu'on ne doit pas regarder comme un sacrilège de ne pas respecter également tout ce qui est sorti de sa plume, qu'il n'en sera pas moins un grand homme et un grand maître, que ces trois canzoni n'en seront pas moins des morceaux précieux et supérieurs; si l'on veut, à tous ses autres ouvrages, parce qu'on y aura découvert quelques taches 687.» Au reste, la supériorité de ces trois odes sur tous les ouvrages de Pétrarque, ne peut être entendue que relativement au style, à la délicatesse des expressions et des tours, à l'harmonie, à l'enchaînement mélodieux des mots, des rimes et des mesures de vers. Sur tout cela, les Italiens seuls sont juges compétents, et je n'ai rien à dire; mais je ne croirai pas plus que ne l'a cru Muratori, faire un sacrilège en préférant à ces trois pièces, pour la vérité des sentiments, la richesse et la variété des images, et cette douce mélancolie qui fait le principal attrait des poésies d'amour, les canzoni: Di pensier in pensier; Chiare fresche e dolci acque, et Se'l pensier che mi strugge, qui la précèdent 688, et même In quella parte dov' amor mi sprana 689, qui la suit, Ne la stagion che'l ciel rapido inchina 690, si riche en comparaisons tirées de la vie champêtre, et si poétiquement exprimées, et peut-être quelques autres encore.

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