Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
La dernière canzone n'est pas la meilleure des trois. Muratori l'avoue. Il n'est pas étonnant, dit-il, que Pétrarque, ayant fait dans les deux précédentes un grand voyage, paraisse un peu las dans celui-ci. En effet, le commencement en est traînant et pénible, et trop semblable à ces exordes des Troubadours, dont nous avons remarqué l'uniformité et la pesanteur. Puisque son destin lui ordonne de chanter 684, et qu'il y est forcé par cette ardente volonté qui le contraint à soupirer sans cesse, il prie l'amour d'être son guide et de mettre d'accord ses rimes avec son désir. Il se prépare ainsi pendant deux strophes entières, pour dire dans la troisième, que si, dans les siècles où les âmes étaient éprises du véritable honneur, l'industrie de quelques hommes les avait conduits à travers les monts et les mers, cherchant les objets les plus rares, et recueillant les plus beaux fruits, puisque Dieu, la nature et l'amour ont voulu placer toutes les vertus dans les beaux yeux qui font toute sa joie, il faut qu'ils soient pour lui, comme deux rivages qu'il ne doit point franchir, comme une terre qu'il ne doit jamais quitter.