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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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L'objet de la seconde canzone 683, dont tous les commentateurs et Muratori lui-même admirent la noblesse et la force, est d'insister sur les effets moraux des yeux de Laure dans l'âme et dans l'esprit du poëte. Ce sont eux qui lui montrent la route du ciel, qui le dirigent dans ses travaux et qui l'éloignent du vulgaire. «Jamais, dit-il, aucune langue humaine ne pourrait exprimer ce que ces divines lumières me font sentir, et quand l'hiver répand les frimas, et quand l'année rajeunit, comme au temps de mes premières souffrances. Si dans le ciel, les autres ouvrages de l'éternel sont aussi beaux, il veut briser la prison qui le retient et qui le prive de la vie où il en pourrait jouir. Il revient ensuite aux sentiments qui l'attachent à la terre: il remercie la nature, et le jour où il naquit, et celle qui éleva son cœur à de si hautes espérances. Jusqu'alors, il était à charge à lui-même: c'est depuis ce temps qu'il a pu se plaire, en remplissant de hautes et de douces pensées ce cœur dont les yeux de Laure ont la clef. Il n'est point de bonheur au monde qu'il ne changeât pour un de leurs regards. Son repos vient d'eux, comme l'arbre vient de ses racines. Ils chassent de son cœur tout autre objet, toute autre pensée: l'amour seul y reste avec eux. Toutes les douceurs rassemblées dans le cœur des plus heureux amants ne sont rien auprès de celles qu'il éprouve quand il les regarde. Dès son berceau, le ciel les avait destinés pour remède à ses imperfections et à sa mauvaise fortune. A la fin de cette strophe, il se plaint du voile qui les lui cache, de la main qui se place quelquefois au-devant d'eux: cela est froid et peu digne du reste. Il se relève dans la dernière strophe, et revient à ces idées de perfection dont ils sont pour lui la source. «Voyant avec regret, dit-il, que mes qualités naturelles n'ont pas assez de valeur et ne me rendent pas digne d'un si précieux regard, je tâche de me rendre tel qu'il convient à mes hautes espérances et au noble feu qui me brûle. Si je puis devenir, par une étude constante, prompt au bien, lent au mal, et dédaigner ce que le monde désire, cela peut m'aider à obtenir d'eux un jugement favorable. Certes la fin de mes douleurs (et mon cœur malheureux n'en demande point d'autre), peut venir d'un regard de ses beaux yeux, enfin doucement émus, dernière espérance d'un pur et honnête amour.»

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