← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Ce n'est pas qu'il ne sente combien sa louange leur fait injure; mais il ne peut résister au désir qui le presse depuis qu'il les a vus, eux que la pensée peut à peine égaler, loin que ni son langage, ni celui de tout autre puisse les peindre. Quand il devient de glace 682 devant leurs rayons ardents, peut-être alors la noble fierté de Laure s'offense-t-elle de l'indignité de celui qui les regarde. Oh! si cette crainte qu'il éprouve ne tempérait pas l'ardeur qui le brûle! il s'estimerait heureux d'être dissous; car il aime mieux mourir en leur présence que de vivre sans eux. «S'il ne se fond pas, lui, si frêle objet devant un feu si puissant, c'est la crainte seule qui l'en garantit; c'est elle qui gèle son sang dans ses veines et qui durcit son cœur, pour qu'il brûle plus long-temps. On commence à se lasser de tout ce feu et de toute cette glace, lorsqu'un mouvement plus digne de Pétrarque, et auquel on ne s'attend pas, réveille et dédommage le lecteur. «O collines, ô vallées, ô fleuves, ô forêts, ô campagnes, ô témoins de ma pénible vie, combien de fois m'entendites-vous invoquer la mort! Cruelle destinée! je me perds si je reste, et ne puis me sauver si je fuis. Si une crainte plus forte ne m'arrêtait, une voie courte et prompte mettrait fin à ma peine; et la faute en est à celle qui n'y songe pas.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings