← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Mais je n'ai point encore parlé des trois canzoni qui ont eu en Italie le plus de célébrité, que Pétrarque paraît lui-même avoir préférées à toutes les autres, et qu'il appelait les trois Sœurs. On ne peut se dispenser de connaître des pièces qui ont tant de réputation, ni n'être pas un peu tenté d'examiner à quel point elles la méritent. Il n'y en a peut-être aucune dans la poësie italienne, qui soit plus travaillée, d'un style plus pur, d'une élégance plus soutenue. Elles forment un ensemble, et comme un petit poëme en trois chants réguliers, en grandes strophes de quinze vers, sur des objets dont l'effet rapide ne se concilie pas communément avec tant d'ordre et de méthode: ce sont les yeux de sa maîtresse. Le devinerait-on à ce début de la première? «La vie est courte 681, et mon génie s'effraye d'une si haute entreprise. Je ne me fie ni sur l'une ni sur l'autre; mais j'espère faire entendre le cri de ma douleur où je veux qu'elle soit et où elle doit être entendue.» Mais tout à coup il s'adresse aux yeux de Laure; ce n'est plus sa douleur, c'est le plaisir qu'il éprouve, qui le force à leur consacrer son style, faible et lent par lui-même, et qui recevra d'un si beau sujet, sa force et sa vivacité. «Ce sujet l'élevant sur les ailes de l'amour, le séparera de toute pensée vile; et, prenant ainsi son essor, il pourra dire des choses qu'il a tenues long-temps cachées dans son cœur.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings