Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Il revint à Florence, en passant par Arezzo, lieu de sa naissance, où il fut reçu avec tous les honneurs dus à son mérite et à sa renommée. Une des choses qui le flatta le plus, fut d'être conduit, sans s'en douter, par les principaux de la ville, à la maison où il était né, et d'apprendre d'eux, que le propriétaire avait voulu plusieurs fois y faire des changements, mais que la ville s'y était toujours opposée, exigeant que l'on conservât dans le même état, le lieu sacré par sa naissance 543. De Florence, il se rendit à Padoue 544. Un nouveau chagrin l'y attendait. Jacques de Carrare en était maître; c'était un des seigneurs les plus aimables, et qui témoignait à Pétrarque le plus d'amitié: c'était auprès de lui qu'il revenait, et, en arrivant, il apprit sa mort. Jacques de Carrare venait d'être assassiné dans son palais, par un de ses parents 545, qu'il y avait élevé et nourri. Quelque aversion que ce crime donnât à Pétrarque pour le séjour de Padoue, il y resta encore quelque temps. Il y était trop près de Venise, pour qu'il n'allât pas quelquefois dans cette ville qu'il appelait la merveille des cités. Il y fit connaissance et bientôt amitié avec le célèbre doge André Dandolo, brave guerrier, habile politique, homme distingué dans les lettres, et chef d'une république dont il fut le premier historien 546. La guerre était alors prête à éclater entre Venise et Gênes. Pétrarque, qui voyait dans cette guerre la perte de l'une ou de l'autre république, et de nouveaux malheurs pour l'Italie, écrivit au doge, son ami, et réunit dans sa lettre, tous les motifs qui pouvaient engager les Vénitiens à la paix. Dandolo loua beaucoup, dans sa réponse, l'éloquence de Pétrarque; mais malheureusement pour lui et pour Venise, il ne suivit point son conseil.