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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Ce qui nous reste des poëtes grecs qui ont chanté l'amour prouve qu'ils n'y voyaient comme Sapho, qu'un délire des sens, ou, comme Anacréon, qu'un amusement pour les sens et pour l'esprit à la fois. Si d'autres surent lui donner le langage du cœur et l'accent de la tendresse, leurs poésies ne sont point parvenues jusqu'à nous. Nous n'avons rien, ni de l'ancien Simonide qui fut, selon Suidas, l'inventeur de l'élégie, ni du Simonide de Céos, dont les poésies étaient si tristes que Catulle les appelle les larmes de Simonide 646 , ni d'Evenus, ni presque rien de Callimaque, et ce ne sont pas ses élégies que nous avons. Les Romains prirent des Grecs, comme presque tout le reste, la forme du vers élégiaque, et sans doute aussi son caractère. Ils ont excellé dans l'élégie. Tibulle, Properce, Ovide, sont des poëtes si connus, loués, définis, comparés tant de fois, ils l'ont été depuis peu de temps avec tant de talent et dans une occasion si solennelle 647 , qu'il n'y a plus rien à dire d'eux, quand c'est d'eux et de la poésie élégiaque que l'on veut parler. Mais on en peut dire quelque chose encore, quand il s'agit de reconnaître en eux la nature de leurs passions et l'objet essentiel de leurs vers, pour comparer avec eux un poëte qui vint, quatorze siècles après, donner aux sentiments passionnés une autre direction et à la poésie d'amour un autre langage.

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