Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Trois livres d'Epîtres terminent ses poésies latines. Elles sont adressées, soit aux personnes puissantes, telles que les papes Benoît XII et Clément VI, ou le roi Robert, ou le cardinal Colonne, soit à d'intimes amis, à Lélius, à Socrate, à Boccace, à Guillaume de Pastrengo, à Barbate de Sulmone, au bon père Denis. Le poëte y laisse courir librement ses pensées et son style à la manière d'Horace, et y parle comme lui, des événements et des circonstances particulières de sa vie. Fait-il bâtir à Parme cette jolie maison qu'il appelait son Parnasse Cisalpin, il écrit, à Guillaume de Pastrengo, qui habitait Vérone 641; il lui rend compte de la vie qu'il mène, des occupations qu'il s'est faites. La première est de travailler à son poëme de l'Afrique; «la seconde, dit-il, est de bâtir une maison convenable à ma fortune. J'y emploie peu de marbre; je regrette souvent que vos montagnes soient si loin de nous, ou que l'Adige ne descende pas directement ici. Peut-être l'embellirais-je davantage; mais les vers d'Horace m'arrêtent: le tombeau revient à ma mémoire 642, et je me souviens de ma dernière demeure; je suis tenté d'épargner les pierres et de les réserver à un autre usage.» Prêt à quitter cette entreprise, à prendre en haine les maisons, à vouloir habiter les bois, si par hasard il aperçoit, dans le mur qu'on bâtit, une fente, une crevasse, il se met à gronder les ouvriers; ils lui répondent; il tire de leurs réponses des réflexions morales; il rentre en lui-même, et se reproche de vouloir une habitation durable pour un corps qui ne l'est pas; puis il presse de nouveau l'ouvrage, trop lent pour ses désirs. Il peint avec beaucoup de vérité ses retours de raison et de folie. Ce qui le console c'est que les autres hommes ne sont pas plus sages que lui: enfin, tout bien considéré, il rit de lui-même et de tout le monde. On voit que cela est tout-à-fait dans le goût d'Horace.