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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Les douze Eglogues latines de Pétrarque sont aussi bonnes à connaître par un autre motif. La plupart ont rapport à des circonstances de sa vie, et les interlocuteurs qu'il y emploie sont quelquefois, sous des noms déguisés, les personnages les plus illustres de son temps. Quelques unes sont de vraies satires, telles que la sixième et la septième, où le pape Clément VI est évidemment représenté sous le nom de Mition 638. Dans la première des deux, saint Pierre, sous celui de Pamphile, lui reproche durement l'état de langueur et d'abandon où se trouve son troupeau. Qu'a-t-il fait de ces richesses champêtres que leur maître lui avait confiées? qu'en a-t-il su conserver? Mition répond qu'il conserve l'or que lui a produit la vente des agneaux, qu'il garde des vases précieux, les seuls dont il veuille se servir, ne daignant plus tremper ses lèvres dans ces vases grossiers dont leurs pères se servaient autrefois. Il a changé ses habits trop simples en vêtements magnifiques. Le lait dont il a fait des présents lui a procuré de puissants amis. Son épouse, bien différente de cette vieille qu'avait Pamphile, est toute brillante d'or et de pierreries. Les boucs et les béliers jouent dans la prairie, et lui, mollement couché, s'amuse à voir leurs jeux et leurs ébats. Pamphile entre dans une nouvelle colère contre ce berger coupable et efféminé; tu mérites, lui dit-il, les fouets, les fers, les douleurs même de la prison éternelle, ou quelque chose de pis encore.

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