Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Après avoir fait l'histoire de ce jugement bizarre porté contre lui, Pétrarque paraît y souscrire et reconnaître son ignorance. Il s'en console, pourvu qu'en effet on le reconnaisse pour homme de bien. «Je me soucie peu, dit-il, de ce qu'on m'ôte, pourvu que j'aie en effet ce qu'on me laisse. Je ferais volontiers ce partage avec mes juges: qu'ils soient savants, et moi vertueux.» Mais ensuite, malgré ces traits de modestie, il fait un assez grand étalage d'érudition pour prouver l'injustice de cette sentence dictée par l'envie; et il en appelle à la postérité, par qui il ne doute point qu'elle ne soit réformée. Il passe en revue, dans ce Traité, la philosophie ancienne, et tourne en ridicule les atômes de Démocrite et d'Épicure, la Métempsycose de Pytagore, etc. Il fait voir que notre science se réduit à rien, ou à peu de chose, et il cite les plus grands philosophes qui en sont convenus de bonne foi. Presque tout ce qu'il dit est tiré des Tusculanes de Cicéron, de son Traité De la Nature des Dieux, et du livre De la Cité de Dieu, de saint Augustin. Il termine de la manière la plus digne d'un philosophe aimable, et que tout homme qui aurait, je ne dis pas son génie, mais son caractère, et qui se verrait, comme lui, poursuivi par l'injustice et par la haine, pourrait se rappeler avec plaisir et avec fruit. Après avoir passé en revue tous les grands hommes qui ont été en butte aux traits de la satire, Homère, Démosthène, Cicéron, Virgile, et tant d'autres, qui osera, dit-il, se plaindre qu'on écrive ou que l'on parle contre lui, lorsque de telles gens ont osé parler et écrire ainsi contre de tels hommes? «Il ne me reste donc plus que de m'adresser non-seulement à vous (Donat le grammairien, à qui il dédie ce Traité) et à un petit nombre d'autres, qui n'avez pas besoin d'être excités pour m'aimer, mais à mes autres amis et à mes censeurs eux-mêmes, de les prier et de les conjurer tous de m'aimer désormais, sinon comme un homme de lettres, au moins comme un homme de bien; sinon comme tel encore, du moins comme un ami; si enfin, par défaut de mérite, je ne suis pas digne de ce nom d'ami, que ce soit au moins comme un homme bienveillant et aimant qu'ils m'aiment 635.»