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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Quatre jeunes gens qui en étaient, trouvèrent moyen de faire connaissance avec Pétrarque. Ils s'insinuèrent dans ses bonnes grâces par leur douceur, leur complaisance et l'honnêteté de leurs manières. Il se livra bientôt à eux sans défiance. Tous quatre avaient de l'esprit. Le premier ne savait rien, le second peu, le troisième un peu plus, et le quatrième plus encore; mais c'était un savoir incertain, embrouillé, joint, comme dit Cicéron, à tant de légèreté, de jactance, qu'il aurait peut-être mieux valu qu'il ne sût rien. «Car les lettres, ajoute sagement Pétrarque, sont pour beaucoup de gens une source de folie, pour presque tous elles en sont une d'orgueil, à moins qu'elles ne tombent, ce qui est fort rare dans un esprit naturellement bon, et qui ait été bien conduit 632.» Ils s'étaient appliqués principalement à l'histoire naturelle; ils savaient beaucoup de choses sur les animaux, les oiseaux, les poissons, «ils vous auraient dit, c'est Pétrarque qui parle, combien le lion a de poils à la tête, l'épervier de plumes à la queue 633; et un nombre infini d'autres choses tout aussi vraies et aussi importantes que celles-là.» Pétrarque s'expliquait avec sa liberté ordinaire, et sur ces belles connaissances, et sur Aristote; ils en furent d'abord surpris, ensuite indignés. Ils finirent par tenir conseil entre eux; «pour condamner, dit Pétrarque, comme convaincue d'ignorance, non pas ma personne qu'ils aiment, mais ma renommée, qu'ils n'aiment pas.» Ils s'étaient donc rassemblés seuls, pour que la sentence qu'ils voulaient porter fût unanime; mais, pour se donner un air d'équité, ils voulurent qu'elle fût contradictoire. Ils alléguaient d'abord ce qui était favorable à Pétrarque, et répondaient ensuite de manière à détruire tout le bien qu'ils en avaient dit. Ainsi l'opinion publique, qui était en sa faveur, l'amitié des grands et même de plusieurs souverains, son éloquence universellement reconnue, son style dont personne ne contestait le mérite, furent successivement allégués, et l'on trouva toujours des raisons pour réduire à rien tous ces éloges. Enfin, ce singulier tribunal prononça tout d'une voix que Pétrarque était un ignorant, homme de bien 634. Cette sentence avait été réellement portée et avait fait beaucoup de bruit à Venise. Pétrarque s'en était moqué d'abord; mais ses amis prirent la chose sérieusement, et voulurent absolument qu'il écrivît pour se défendre. C'est ce qu'il fit par ce Traité De sa propre ignorance et de celle de beaucoup d'autres.

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