Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Dans le reste de ce dialogue, il lui reproche un certain penchant à la mélancolie et à la mauvaise humeur, auquel Pétrarque convient qu'il s'abandonne trop souvent. Il en accuse la vie qu'il mène, les injustices de la fortune, le spectacle choquant qu'il a sous les yeux, les mœurs dégoûtantes d'Avignon, le tumulte qui y règne, et tout ce que ce séjour a d'incompatible avec la paisible société des Muses et l'étude de la sagesse. «Si le tumulte de votre ame cessait, répond saint Augustin, vous ne vous plaindriez pas de ce tumulte extérieur qui n'affecte que les sens. On peut s'y accoutumer comme au murmure d'une eau qui tombe. Quand l'âme est dans un état serein et tranquille, les nuages passagers qui l'environnent, le tonnerre même qui gronde autour d'elle, ne peuvent la troubler. Apaisez donc les mouvements de la vôtre, vous serez alors en sûreté sur le rivage; vous verrez les naufrages des autres hommes 621; vous écouterez en silence les voix plaintives de ceux qui flottent sur les ondes; et si vous éprouvez à ce cruel spectacle les tourments de la pitié, vous sentirez aussi une secrète joie à vous voir vous-même à l'abri des mêmes dangers.» Au reste, de quoi se plaint-il? ce séjour qui lui déplaît tant n'est-il pas de son choix? n'est-il pas le maître d'en sortir? Pétrarque l'avoue, et finit par convenir que son état, comparé à celui de beaucoup d'autres, n'est pas aussi malheureux qu'il le croyait.