← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

Reading edition

Dans la route de Florence à Rome, que Pétrarque faisait à cheval, il éprouva un accident 540 qui le retarda de quelques jours, et le retînt au lit pendant plusieurs autres, après qu'il y fut arrivé. Sa pieuse impatience souffrait beaucoup de ces retards. Elle était en lui très-réelle. Il s'était disposé avec autant de sincérité que d'ardeur, à tirer tout le fruit possible de cette institution alors nouvelle 541, qui attirait à Rome un prodigieux concours; le fruit principal qu'elle eut pour lui eût été plus miraculeux quelques années auparavant, lorsque Laure, encore vivante, et toujours aimée, le rendait plus difficile à obtenir. Ce fut alors, pour me servir de ses expressions, que Dieu lui fit la grâce de le délivrer tout-à-fait de ce goût pour les femmes qui l'avait si fortement tyrannisé depuis sa jeunesse. Mais au reste, à en juger par les paroles méprisantes dont il se sert, et que je me garderai bien de traduire 542, il n'était ici question ni de cet amour pur, angélique, et presque surnaturel, dont Laure voulut être aimée, ni même de cet amour conforme à la fois et à la faiblesse humaine, et au goût des âmes délicates, où l'on se donne tout entier l'un à l'autre, où les plaisirs du cœur épurent et ennoblissent d'autres plaisirs. La grâce qu'il obtint n'eut pour objet que ce penchant vague et général, qui conduit plutôt au libertinage qu'à l'amour, et dont nous avons vu que l'amour même ne l'avait pas toujours garanti. Quoi qu'il en soit, c'est au jubilé que Pétrarque attribue cette révolution qui se fit en lui, mais dans laquelle, sans qu'il le dise, le progrès de l'âge aida peut-être un peu la grâce.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings