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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Dans le second dialogue, Saint-Augustin examine l'un après l'autre tous les défauts de Pétrarque qui mettent obstacle à son repos autant qu'à sa perfection. Le premier est la vanité qu'il tire de son esprit, de sa science, de son éloquence, des agréments de sa figure et de sa personne. Il rabaisse tous ces avantages, et lui en fait voir la vanité, la fragilité, le néant. Le second défaut est l'avarice, ou plutôt la cupidité. Pétrarque se récrie sur ce reproche, et affirme qu'aucun vice ne lui est plus étranger; mais son sévère examinateur lui prouve que ce goût qu'il a pris pour une vie commode, pour une fortune aisée qui peut seul la procurer, pour la société des grands et pour le séjour des villes et des cours n'est au fond qu'une cupidité déguisée. Pétrarque a beau répondre qu'il ne désire point de superflu, mais qu'il voudrait ne manquer de rien; qu'il n'ambitionne pas de commander, mais qu'il voudrait ne pas obéir, Augustin lui fait voir que ce qu'il désire est le comble des richesses et de la puissance; que les plus grands monarques manquent de quelque chose; que ceux qui commandent sont souvent forcés d'obéir; qu'enfin la vertu seule peut lui procurer cet état d'indépendance qui est le terme de ses désirs; vérité aussi incontestable qu'elle est ancienne, et qui découle en quelque sorte de toutes les parties de la philosophie antique; mais qui, dans l'antiquité profane comme dans le christianisme, sans avoir jamais eu de contradicteurs en théorie, a toujours eu peu de sectateurs dans la pratique. Mais, insiste Pétrarque, je suis loin d'avoir en effet ce goût que l'on m'attribue pour le séjour des villes, pour la société des grands, et les vues d'ambition que ce goût suppose. Je les fuis au contraire autant que je puis. S'ensevelir, comme je le fais, dans les bois et dans les rochers, combattre les opinions vulgaires, haïr, mépriser les honneurs, se moquer de ceux qui les recherchent et de tout ce qu'ils font pour y parvenir, cela ne suffit-il pas pour mettre à l'abri du reproche d'ambition? Soyez de meilleure foi, répond Augustin, ce ne sont pas les honneurs que vous haïssez, mais les démarches nécessaires dans ce siècle pour les obtenir. Vous avez pris une route plus cachée et plus détournée pour arriver au même but. Convenez que c'est là le véritable objet de vos études et du parti que vous avez pris de vivre dans la retraite. Tel entreprend d'aller à Rome, qui revient sur ses pas, effrayé du chemin qu'il faut faire pour y arriver. Ce n'est pas Rome qui lui déplaît, c'est le chemin 620.

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