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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Je ne parlerai pas de tous les ouvrages ou opuscules qui entrent dans ce recueil. Pour satisfaire une curiosité raisonnable, il suffit d'avoir des principaux une idée exacte et sommaire. Le premier qui se présente est le Traité des remèdes contre l'une et l'autre fortune 613. L'idée en est heureuse et vraiment philosophique. Peu d'hommes savent supporter la mauvaise fortune avec force et dignité; mais moins encore savent supporter la bonne avec modération et tranquillité d'âme. Pétrarque appelle la raison au secours des hommes mis à l'une et à l'autre de ces deux épreuves, mais surtout à la dernière. «Nous avons, dit-il dans sa préface adressée à son ami Azon de Corrége, deux luttes à soutenir avec la fortune, et le danger est en quelque sorte égal dans toutes deux, quoique le vulgaire n'en connaisse qu'une, celle que l'on nomme adversité. Si les philosophes connaissent l'une et l'autre, c'est cependant aussi celle des deux qu'ils regardent comme la plus difficile.... Oserai-je n'être pas de leur avis? Oui, si mettant à part l'autorité de ces grands hommes, je veux parler d'après l'expérience. Elle m'apprend que la bonne fortune est plus difficile à gouverner que la mauvaise, et je la trouve, je l'avoue, plus à craindre et plus dangereuse quand elle caresse que quand elle menace. Si je pense ainsi, ce n'est pas la réputation des auteurs, ce ne sont point les piéges de la parole, ni la force des sophismes qui m'y ont conduit: c'est l'expérience des choses, ce sont les exemples tirés de la vie et la preuve de difficulté la moins suspecte, la rareté. J'ai vu beaucoup de gens souffrir avec courage de grandes pertes, la pauvreté, l'exil, la prison, les supplices, la mort, et, ce qui est pire que la mort, des maladies graves; je n'en ai vu aucun qui sût soutenir les richesses, les honneurs ni la puissance.»

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