Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Mais c'était surtout pour Cicéron que Pétrarque poussait l'admiration jusqu'à une sorte de fanatisme. Lire et relire ce qu'il avait de lui, chercher partout ce qu'il n'avait pas, c'est ce qui l'occupait sans cesse; il n'épargnait pour cela, ni prières auprès de ses amis, ni déplacements, ni dépenses. Cicéron revenait toujours dans ses conversations, dans ses lettres. A Liége, où il avait trouvé deux de ses Oraisons, il eut de la peine à se procurer un peu d'encre, encore était-elle toute jaune, pour en tirer lui-même une copie. Il se donna, long-temps après, la même peine pour un recueil considérable de ces mêmes discours qu'il fut quatre ans à copier, ne voulant pas les confier à des scribes ignorants, qui défiguraient les plus beaux ouvrages. Et dans quel enchantement ne fut-il pas à Vérone, lorsqu'il y retrouva les lettres familières! On conserve précieusement, et à juste titre, à Florence, dans la bibliothèque Laurentienne, cet ancien manuscrit retrouvé par lui, et la copie qu'il en avait faite. On y conserve aussi les lettres à Atticus, écrites de la main de Pétrarque; mais le manuscrit ancien d'où il les avait tirées, a péri 610. Voilà par quels travaux et à quel prix on pouvait alors se composer une bibliothèque de bons livres.