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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ, (continued 2)

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Il n'avait point appris le grec dans sa première jeunesse; quoiqu'il restât toujours en Italie quelque culture de cette langue, elle n'était point comprise encore dans le cours des études communes. Il saisit pour la première fois, à Avignon, l'occasion de l'apprendre lorsque le moine Barlaam, né en Calabre, mais qui avait passé en Grèce, fut envoyé par l'empereur Andronic, à la cour de Benoît XII 605, sous prétexte de négocier la réunion des deux églises, et en effet, pour solliciter des secours contre les Turcs. Les dialogues de Platon furent le principal objet de leurs leçons. Pétrarque fut enthousiasmé des hautes idées de ce philosophe sur l'amour, sur la nature et l'union des âmes; et comme ces leçons ne durèrent pas long-temps, on peut dire qu'il y apprit plus de platonisme que de grec. Son second maître fut Léonce Pilate, qui était aussi un Calabrois devenu Grec. Quelque désagréable qu'il fût de sa personne et dans ses manières, Boccace qui l'avait attiré à Florence, le conduisit à Venise lorsqu'il alla voir son ami 606; Léonce y resta quelque temps, et Pétrarque en tira les deux seules choses qu'il pût gagner dans un commerce de cette espèce, une connaissance un peu plus approfondie du grec, qu'il ne sut cependant jamais parfaitement, et quelques livres grecs, entièrement inconnus jusqu'alors en Italie, parmi lesquels était un beau manuscrit de Sophocle. Ce même Léonce Pilate avait fait, à la prière de Boccace, et en société avec lui, une traduction latine, la plus ancienne que l'on connaisse, de l'Iliade et d'une grande partie de l'Odyssée. Boccace la promit pendant long-temps à Pétrarque. Il lui en envoya enfin une copie faite par lui-même, que son ami reçut avec de nouveaux transports.

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